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Comment la technologie peut aider les médecins à dompter les effets secondaires de la cortisone ?

La cortisone est un médicament grandement utilisé pour traiter les maladies inflammatoires et les allergies car ses propriétés anti-inflammatoires intéressent particulièrement les médecins. Néanmoins, ce médicament n’est pas sans effets indésirables et les médecins peinent à anticiper et limiter les risques qu’il présente. Dans cet article, nous vous expliquons comment la tech pourrait les aider.

Clément
Senior Software Engineer

La cortisone en quelques chiffres

La plupart d’entre nous avons déjà été confrontés à la cortisone, soit en ayant déjà du en prendre, soit parce qu’un proche a dû en prendre, soit en entendant parler aux informations pour le dopage sportif (par exemple). Pourtant, très peu de personnes connaissent cette molécule et ce qu’elle fait à notre corps. La vérité est que nous avons tous de la cortisone en nous, et que sans elle nous ne pourrions pas survivre. En effet, la cortisone est sécrétée par nos glandes surrénales au dessus des reins, nous produisons et consommons en moyenne 20mg de cortisone chaque jour. Elle a notamment un rôle à jouer dans le métabolisme des sucres, dans les défenses immunitaires et dans les réactions inflammatoires.

Composition chimique de la cortisone

C’est cette dernière propriété qui intéresse particulièrement les médecins. En effet, ses propriétés anti-inflammatoire ont rapidement attiré les médecins pour traiter les maladies inflammatoires et les allergies. La cortisone agit comme un “atténuateur de symptômes” et non comme un “guérisseur de maladie”. Actuellement, 0,75 % de la population française est traitée par une corticothérapie orale au long cours, ce chiffre passe même à 2,5 % dans la population de plus de 65 ans. On estime également que près de 15 % de la population est ­exposée chaque année à une corticothérapie systémique.

Boîte de cortisone

Ces chiffres sont gigantesques bien qu’il soit connu que la cortisone possède de nombreux effets secondaires très déplaisants (prise de poids, insomnies, etc …). Cet article s’attache donc à présenter ces différents effets secondaires et à tenter d’imaginer comment le numérique pourrait aider les patients et les médecins à mieux utiliser la cortisone.

Les effets secondaires de la cortisone

Effets secondaires métaboliques

L’effet secondaire le plus connu est probablement la prise de poids des patients. Elle est d’ailleurs décrite comme l’effet secondaire le plus redouté par les patients. En effet, il est cliniquement démontré que l’ingestion de cortisone sur le long terme induit une prise de poids des patients. Néanmoins, ce n’est pas le seul effet indésirable induit par la prise de cortisone.

En effet, on peut citer le diabète cortico-induit comme un des effet secondaire les plus grave. La cortisone provoque de l’hyperglycémie qui peut provoquer le diabète. Son incidence est estimée à 25 % pour des doses prolongées supérieures à 5mg/j. On peut également citer l’ostéoporose (maladie qui entraîne une diminution dramatique de la densité des os) dont l’incidence est de 16 cas sur 1000 pour des doses supérieures à 10mg/jour et qui augmente le risque de graves fractures osseuses.

De nombreux autres effets secondaires sont recensés dans la littérature (une liste exhaustive est disponible ici) mais très peu sont connus du grand public, en dehors de la prise de poids, malgré leur gravité et parfois même leur irréversibilité.

Effets secondaires psychologiques

Un résumé clair et ludique de ces effets sont illustrés dans le film “Bigger than Life” de Nicholas Ray. Le film raconte les modifications comportementales d’un père de famille qui doit prendre un traitement prolongé de cortisone. Car oui, la cortisone modifie le comportement des personnes qui en prennent dans presque 60% des cas. Ces modifications sont très difficiles à anticiper et mesurer pour le médecin. De plus, la liste des effets est très longue et peut faire une chose et son contraire. En effet, on retrouve dans les effets secondaires comportementaux: l’insomnie, trouble de la mémoire, l’anxiété, l’irritabilité, la dépression mais aussi l’euphorie et la paranoïa.

Affiche du film “Bigger than Life

Cette liste non-exhaustive des effets indésirables induits par la prise de cortisone nous interroge sur plusieurs points. Comment les médecins jonglent avec tant de facteurs au moment de prendre leur décision et comment le numérique pourrait les aider ?

Comment aider la posologie de la cortisone

Les dispositifs médicaux numériques existants

De nombreux outils numériques sont utilisés aujourd’hui pour aider les professionnels de santé dans la lourde tâche de la posologie médicamenteuse. On peut notamment citer Posos qui permet de croiser toutes les contre-indications de chaque médicament pour alerter les médecins lorsque des combinaisons thérapeutiques sont dangereuses. D’autres outils existent, comme Synapse qui permet de prévenir les risques médicamenteux en fournissant une information fiable sur les médicaments aux professionnels de santé. Néanmoins, malgré ses particularités posologiques, aucun outil spécifique à la cortisone n’existe aujourd’hui.

Posologie actuelle de la cortisone

Les médecins sont évidemment au courant des effets néfastes de la cortisone à long terme et essayent donc de réduire le plus rapidement possible la prise quotidienne de cortisone. Il faut imaginer l’inflammation du patient comme un feu, le médecin comme un pompier et la cortisone comme une lance d’eau. Le médecin utilise la cortisone en grande quantité pour étouffer et éteindre le feu; il va ensuite réduire progressivement la quantité utilisée. Le principe est le même, le médecin va diminuer les doses quotidiennes toutes les deux ou trois semaines jusqu’à arriver à zéro.

Observance

Les troubles (notamment les comportementaux) et la grande efficacité du produit provoquent une observance des traitements problématiques. En effet, on peut imaginer qu’un patient dépressif, avec des troubles du sommeil et qui prend beaucoup de poids sera très peu enclin à continuer son traitement. Au contraire, un patient euphorique que la cortisone a aidé à vaincre une douleur ophtalmique abominable aura du mal à diminuer les doses, de peur que la douleur ne revienne sans cortisone.

Un parcours de soin digital via une interface médecin/patient pour chacune des prises de cortisone permettraient au patient de savoir exactement quelle dose prendre et quand. Le médecin pourrait quand à lui utiliser l’interface pour mieux expliquer la thérapie à son patient.

Dose cumulée

Ces deux points, ainsi que d’autres, comme la rechute (un patient qui a de nouveau des inflammations très douloureuses par exemple) qui induit des augmentations de dose au milieu du traitement, rendent le calcul de la dose cumulée de cortisone ingérée très difficile à calculer pour un patient.

Un outil type calculatrice pourrait permettre au médecin de connaître, avant chaque rendez-vous avec son patient, la dose cumulée que le patient a ingéré. Ce dispositif médicale numérique, dont Hokla est expert, permettrait d’augmenter la visibilité du médecin d’avoir une vision globale sur l’utilisation de la cortisone pour chaque patient.

Suivi des effets secondaires

De plus, les troubles sont difficiles à débusquer, les patients étant non-sachants et les rendez-vous assez peu fréquents. Par conséquent, il est difficile de prévenir et anticiper des problématiques liées à l’ingestion long-terme de cortisone.

Un questionnaire hebdomadaire ou mensuel pourrait permettre au médecin de mieux déceler les troubles rencontrés par son patient, et de réagir en conséquence.

Conclusion

La cortisone est un médicament très puissant et permet d’améliorer la qualité de vie de millions de personnes. Néanmoins, elle n’est pas à considérer comme étant un remède miracle. Ce dernier point est intéressant et nous montre que la médecine est en train de prendre un tournant très important. En effet, on assiste de plus en plus à une remise au centre du patient et de son bien-être. L’efficacité d’un médicament ne se mesure plus uniquement au taux de mortalité ou à la diminution des symptômes mais aussi à la qualité de vie du patient.

La technologie est là pour aider et accompagner cet élan, autant du côté des professionnels de santé que du côté des patients. Alors attachez vos ceintures, buvez un café, parce que c’est exactement ce que nous nous apprêtons à faire pendant les dix prochaines années chez Hokla. Notre expertise dans le développement de dispositifs médicaux numériques nous permet de développer tous les outils imaginés dans cet article, et bien d’autres comme par exemple l’accélération des essais cliniques de nouveaux traitements (comme les anti-inflammatoires non-stéroïdiens).

Si vous avez d’autres idées d’applications identiques que ça soit sur la cortisone ou une autre pratique médicale, il ne faut surtout pas hésiter à venir m’en parler sur mon linkedIn ou mon Twitter @ClementMarques, ça sera avec grand plaisir 🤙

À propos de
Clément

Expert in Coding, Healthtech & Samba 🇧🇷 @ClementMarques on Twitter.

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